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La filière universitaire de médecine générale en 2011 : une grande précarité…

lundi 3 novembre 2008

La construction de la filière universitaire de médecine générale avance difficilement, à très petits pas. Le SNEMG, Syndicat National des Enseignants de Médecine Générale reste extrêmement inquiet de la situation de l’enseignement de la discipline, malgré les progrès observés

178 enseignants de médecine générale soient 99 équivalents temps plein pour 8299 étudiants

• 20 titulaires de médecine générale contre 5562 pour les autres spécialités. Ce nombre est totalement insuffisant en regard du développement de la filière dans toutes les facultés et du nombre d’étudiants à gérer, très loin des exigences définies par la loi HPST.

• 159 enseignants associés : 85 maitres de conférences associés et 74 professeurs associés. L’augmentation du nombre de nominations est plus que jamais nécessaire pour permettre aux départements de médecine générale de faire face à leurs missions dans un contexte d’augmentation croissante du nombre d’internes à former.

69 chefs de clinique contre 3630 pour les autres spécialités :

• Le ratio extrêmement faible de nominations sur plus de 8000 internes stigmatise la discipline alors que les chefs de clinique représentent l’avenir de la Médecine Générale universitaire et de sa recherche.

• Pas de statut universitaire intermédiaire entre la fin du clinicat et le poste de maître de conférences des universités

L’absence de toute revalorisation et de tout statut pour les enseignants cliniciens ambulatoires maîtres de stage qui accueillent les étudiants et les internes en formation, dont l’enseignement et l’encadrement sont les déterminants les plus importants pour inciter à devenir Médecin Généraliste. Leur rôle pourrait pourtant être déterminant pour éviter la catastrophe démographique qui menace les territoires.

Nous sommes encore loin du compte. La loi HPST et son article 47 concernant les effectifs de la filière universitaire de médecine générale ne sont pas respectés.

Les mesures suivantes, réclamées depuis longtemps, sont à adopter rapidement pour éviter au pays la pénurie de médecins généralistes qui menace l’accès aux soins dans les territoires :

1. Nommer des titulaires dans toutes les facultés de médecine de France grâce à l’intégration d’enseignants associés dont 29 ont déjà été reconnus aptes par la commission nationale d’intégration et n’attendent que leur nomination.

2. Mettre en œuvre sur 3 ans le plan de nomination de 50 nouveaux enseignants associés de médecine générale par an, qui permettrait un fonctionnement décent des départements de médecine générale qui accueillent plus de 2000 nouveaux internes à chaque rentrée.

3. Créer un statut de praticien généraliste ambulatoire des universités entre le clinicat et le poste de maitre de conférences des universités.

4. Accompagner les nominations des nouveaux chefs de clinique et des titulaires des contrats sécurisant leur exercice de soins ambulatoires particulièrement précaire.

5. Accorder aux enseignants cliniciens ambulatoires le statut d’attaché d’enseignement et revaloriser leurs honoraires pédagogiques de 15% avec bonification (x 1,5) des honoraires pédagogiques des ECA recevant des étudiants de 2e cycle. Ce stage est un élément permettant d’influencer l’image de la discipline et d’orienter le choix des étudiants vers la spécialité médecine générale.

6. Financer et indemniser la formation pédagogique en les intégrant dans le développement professionnel continu (DPC).

Ces mesures sont simples à mettre en œuvre et de coût limité. La filière universitaire de médecine générale dotée d’un minimum de personnels et de moyens est nécessaire à la formation de futurs médecins généralistes compétents implantés sur l’ensemble du territoire.

C’est la réponse durable et structurelle au problème de démographie médicale et d’accès aux soins pour tous les patients.

Pour le bureau du SNEMG Dr Sébastien Leruste, Président 06 13 37 30 86, s.leruste@snemg.fr

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